
Chirico surpris par son sujet
La scène se situe dans un décor métaphysique, rappelant l’univers de Giorgio de Chirico : architecture figée, statues, atmosphère irréelle. Mais un visage expressif, presque moqueur, s’impose dans cette solennité, comme un intrus inattendu.
Mon intention est double : rendre hommage à l’univers énigmatique de Chirico tout en le bousculant par l’irruption d’un sujet vivant, presque irrévérencieux. L’œuvre interroge le dialogue entre tradition et subversion, sérieux et ironie.

Prendre du champs pour voir un jeune homme nu
Sur fond de rouges éclatés et de formes disloquées, un jeune homme se dresse, frontal, à la fois exposé et fragile. Le dépouillement du corps, placé sur un tabouret comme un objet d’étude ou de contemplation, dialogue avec une silhouette fantomatique qui surgit dans l’ombre. Le contraste entre la nudité blanche et la fragmentation du décor projette le spectateur dans un univers instable, où la figure humaine semble questionner sa propre place dans le chaos de la modernité.
Dans ce tableau, j’ai voulu rendre hommage à l’audace provocatrice de Marcel Duchamp, dont le regard, ici, semble juger et interroger l’acte même de peindre. Le corps nu devient à la fois sujet, objet et prétexte, rappelant combien la représentation peut déranger, bouleverser ou révéler. J’ai cherché à mêler ironie et gravité : ironie, par le clin d’œil au célèbre urinoir, gravité, par la confrontation directe du spectateur avec la vulnérabilité d’un être exposé. C’est, pour moi, une manière de rappeler que toute création est un risque, une mise à nu.

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Macronie
La composition reprend une scène historique , celle du radeau de Géricault , transposée dans une esthétique cubiste. Des silhouettes décomposées, anguleuses, s’accrochent à l’embarcation, brandissant des tissus blancs vers un horizon jaune-ocre saturé. Les visages, verts et figés, traduisent autant la lassitude que l’appel désespéré.
Ce tableau est une métaphore politique. J’y ai glissé l’idée d’un radeau contemporain : la « macronie », ballotée entre illusions et naufrages, entre espoirs brandis et déceptions accumulées. L’œuvre exprime à la fois l’attente de secours et la critique d’un système où chacun lutte pour sa survie, dans une mer agitée de promesses brisées.

La famille réunie
Dans un intérieur bourgeois, une femme se penche vers un enfant assis, un petit chien blotti sur ses genoux, tandis qu’un homme en veste ocre et pipe à la main observe la scène. Les tons bruns et sobres dominent, conférant à la pièce une atmosphère sérieuse.
En m’inspirant de l'oeuvre de Gromaire, j’ai voulu l'intégrer dans une scène familiale classique, presque figée par le poids des convenances. Derrière le calme apparent, on devine une hiérarchie implicite : l’homme observe, la femme accompagne, l’enfant subit la pose.

Sous la protection de Francisco
Une foule dense, serrée dans l’ombre, lève ses visages vers une figure centrale, sombre et presque spectrale. Les bouches ouvertes, les regards hallucinés, traduisent la stupeur, la peur et la supplication. L’arrière-plan se dissout dans la nuit, ne laissant que l’angoisse des âmes et la présence d’un possible sauveur.
En peignant cette scène, j’ai pensé à Goya et à ses visions noires, à ses processions d’êtres humains engloutis dans la folie. Ici, je cherche la même intensité : dire la fragilité de l’homme livré à l’horreur, mais aussi l’ombre d’une protection, mince et fragile, comme une lumière vacillante dans la nuit.

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Famille de centaures marsupiaux
Des corps hybrides, surgis d’un imaginaire fébrile, se superposent et s’entrelacent dans une scène irréelle. Les muscles s’étirent, les chairs se plient, les postures se contorsionnent, évoquant à la fois la puissance et la fragilité. À l’horizon marin, les silhouettes se dressent comme des géants grotesques, au croisement du mythe et du cauchemar.
Je rends ici hommage à Dalí, à sa vision délirante où l’humain se métamorphose et se dédouble, où la monstruosité touche au sublime. Ce tableau est moins une copie qu’une résonance : j’ai voulu plonger dans cette profusion charnelle pour interroger ma propre fascination pour l’excès et l’étrangeté.

Mythologie
Dans une pièce aux carreaux froids et rigoureux, surgit un théâtre étrange : une figure drapée de plumes et d’écailles, hybride, à la fois homme et bête, fait face à une femme nue au corps sculptural. Autour d’eux, des fragments de créatures fantastiques apparaissent, tandis qu’au mur, le visage grave de Max Ernst observe la scène. C’est un monde mythologique et surréaliste qui se déploie, foisonnant d’énigmes et de métamorphoses.
En peignant cette toile, j’ai voulu retrouver l’univers foisonnant et inquiétant d’Ernst, où la mythologie se mêle au rêve et à l’inconscient. Sa présence, suspendue au mur, est celle d’un démiurge qui approuve ou juge cette mascarade surréaliste. Je me suis laissé emporter par le vertige des formes et des corps, jouant à mon tour avec la liberté des symboles. C’est ma manière d’entrer dans la mythologie personnelle d’Ernst, et d’y inscrire ma trace en lui rendant hommage.

Chapeau ! Munch
La toile s’embrase dans un ciel incandescent, strié de rouges et d’oranges violents, rappelant le cri universel de l’angoisse. Trois silhouettes surgissent au premier plan : deux visages figés sous leurs chapeaux, lisses comme des masques, et le portrait grave d’Edvard Munch, qui nous fixe de son regard clair. Derrière eux, les courbes tourbillonnantes du fjord semblent avaler les couleurs et propager une vibration de terreur sourde.
J’ai voulu rendre hommage à Munch en reprenant l’écho de ses angoisses existentielles, mais en l’inscrivant dans une composition où il apparaît lui-même, comme un témoin silencieux. Le chapeau, accessoire mondain, devient ici une ironie : il couvre, mais ne protège pas de la tempête intérieure. À travers cette œuvre, je dialogue avec le peintre de l’âme en crise, et je lui dis à ma manière : « Chapeau ! », en reconnaissance pour cette lucidité qui n’a jamais cessé de résonner en moi.

On l'aimait bien Degas
Dans cette toile, les jeunes danseuses aux tutus immaculés se regroupent dans un éclat de grâce fragile. Leurs silhouettes, vues de dos, laissent apparaître la fraîcheur des rubans colorés et la spontanéité des gestes. Sur le mur, le regard sévère mais attentif d’Edgar Degas domine la scène, comme une présence discrète qui surveille, inspire et veille à la justesse du mouvement. La lumière de l’atelier se faufile entre les étoffes, accentuant le contraste entre l’innocence des ballerines et le sérieux du maître.
J’ai voulu ici saluer Degas, non par la froideur d’un hommage académique, mais en l’intégrant dans son univers familier, celui des coulisses et des répétitions. Je me suis glissé dans cette atmosphère de sueur et de grâce pour mieux faire résonner le dialogue entre ses modèles et lui. C’est un regard de gratitude que je pose : je l’aimais bien, Degas, et je l’imagine toujours attentif, sévère et tendre tout à la fois, derrière le voile léger des jeunes danseuses.

l'A.B.B de Gustave
Une femme hiératique, parée d’or, s’avance, tandis qu’un visage masculin émerge au bas de la toile. Les motifs décoratifs, les aplats brillants, renvoient à l’univers somptueux de Klimt. Mais derrière cette beauté stylisée, un malaise affleure : le corps se fait prisonnier du décor.
J’ai voulu célébrer Gustav Klimt, en reprenant cette alliance entre l’érotisme et le sacré décoratif. Son portrait, niché au pied de la figure, vient rappeler que l’artiste est toujours derrière la parure, maître des ors et des désirs. Mon hommage se veut une révérence : Klimt nous a appris que la beauté pouvait être une prison splendide.

L'enfant de Koko
Un couple, assis dans la pénombre, se tient maladroitement enlacé. Les chairs sont rouges, lourdes, presque maladives, tandis que les visages paraissent tordus par une douleur muette. Mais dans la composition flotte la trace de Kokoschka, ce peintre de l’intensité et du trouble.
J’ai voulu retrouver, avec Kokoschka, cette manière de mettre l’âme à vif à travers la chair. L’enfant de Koko, c’est cette peinture même, née de la violence des émotions. En l’entourant de son portrait, j’ai voulu lui dire que son héritage est là : faire surgir la vérité des êtres, même lorsqu’elle fait mal.

L'égo d'Egon
Un homme nu, écartelée, posé sur la toile comme une provocation. Devant, Egon Schiele lui-même, l’air inquiet et fier à la fois, présente son œuvre comme on exhibe un miroir. La tension est palpable, la chair est brute, presque crue. Tout est à la fois exhibition et confession.
J’ai voulu interroger l’égo flamboyant de Schiele, ce peintre qui mit sa propre vie en jeu dans chacun de ses traits. En plaçant son visage face à son modèle déconstruit, j’ai voulu rappeler que ses nus sont d’abord son propre autoportrait, une manière de dire : voilà ce que je suis, fragile et excessif. Mon hommage porte sur cette vérité nue, sans fard.

Les dix commandements d'Otto
Un cortège étrange se déploie : masques grimaçants, squelettes ricanants, figures grotesques et effrayées. Au centre, un danseur macabre brandit une épée, entraînant dans sa ronde des personnages déchirés. Au-dessus, le portrait d’Otto Dix veille, témoin ironique de cette mascarade apocalyptique.
J’ai voulu rendre hommage à Dix par la démesure, en réinventant sa galerie de cauchemars. Ses commandements sont ceux d’un peintre qui oblige à voir ce que l’on ne veut pas regarder : la folie des hommes, la cruauté, la décomposition. En mêlant sa figure à cette scène, j’ai voulu lui dire ma reconnaissance : tu as donné un visage au chaos.

Broyer du noir, ça soulage
Une silhouette à peine visible, comme avalée par la nuit, se devine près d’une fenêtre. Seules quelques traces blanches, quelques griffures de lumière, rompent l’obscurité. Pierre Soulages, maître des contrastes violents, semble ici prisonnier d’un noir épais, comme si sa propre noirceur avait englouti son trait.
Ici, j'ai fait apparaître son visage en filigrane, comme une ombre qui persiste : un hommage à sa lucidité crue, qui trouva dans la noirceur un terrible apaisement.

Balade avec Tanguy
Un ciel vaste, presque irréel, se déploie en nappes pâles. En avant-plan, des formes étranges, minérales, surgissent comme des silhouettes pétrifiées. Mais c’est un visage, un corps presque morcelé, qui prend place dans cette étendue, en résonance avec les paysages oniriques d’Yves Tanguy. L’étrangeté se fait douce, le silence domine.
Avec Tanguy, j’ai voulu marcher dans un rêve. Ses paysages sans horizon, peuplés de formes improbables, sont devenus le décor de mon propre hommage. En insérant son visage dans ce monde flottant, j’ai voulu signifier que lui-même fut une créature de ses visions, à jamais lié à cet univers minéral qu’il a su inventer.

Back on, le retour
Un corps nu, déformé, enfermé dans un espace circulaire, se débat entre ombre et lumière. La chair est convulsée, l’espace resserré, et derrière lui se devine une bête obscure, inquiétante. La mise en scène évoque les cages de Bacon, où l’homme est pris dans le filet de sa propre condition, livré à ses peurs et à sa solitude.
J’ai voulu retrouver, avec Francis Bacon, cette intensité du cri figé en peinture. Le retour, ici, c’est celui du spectre de l’angoisse, que son pinceau n’a cessé d’explorer. En plaçant son portrait dans ce huis clos brutal, j’ai voulu le reconnaître comme l’inventeur d’un théâtre de la chair, où l’homme se découvre toujours trop vulnérable.

Georges au travail
Dans l’intimité d’un atelier, une silhouette penchée s’applique sur une feuille, la main obstinée et concentrée. Les murs se couvrent de figures cubistes, verts et ocres, rappelant les éclats de Braque. La lumière se fait discrète, comme si le génie avait besoin de se replier dans l’ombre pour mieux éclater en formes éclatées.
J’ai voulu figurer Braque en plein effort, dans le secret d’un geste qui bouleversa l’histoire de la peinture. En l’entourant de ses propres inventions, je l’ai replacé dans son royaume : celui de l’invention tranquille, de la rigueur silencieuse. Mon hommage est une reconnaissance pour ce maître discret qui fit de la fragmentation une musique plastique.

En pied léger
Un peintre figé, palette en main, béret rouge vissé sur la tête, se dresse devant son chevalet. Autour de lui, papillons et couleurs vives donnent à la scène un parfum de naïveté joyeuse. Mais le tableau qu’il peint, éclaté de formes cubistes, trahit la complexité et la rigueur de son univers. Fernand Léger apparaît ainsi comme un artisan d’une modernité haute en couleur, à la fois populaire et savante.
J’ai voulu offrir à Léger un hommage empreint de malice, en le montrant comme un ouvrier de la peinture, solide et simple, mais entouré des éclats qui furent sa force. Derrière l’apparente simplicité de l’image se cache l’admiration que j’ai pour son regard neuf, son pied léger qui transforma l’industrie en poésie visuelle.

La cannonisation de l'artiste
Un corps suspendu, crucifié sur une croix géométrique qui n’est plus de bois mais de volumes éclatés, dorés, surgis comme d’un rêve cubiste. La figure, tendue et grave, domine un sol damier où flotte encore l’ombre des montres molles de Dalí. Le temps est aboli, le sacrifice devient une transfiguration, et l’artiste prend la place du saint, offert aux regards comme une icône paradoxale.
J’ai voulu célébrer Dalí dans son propre langage, où la démesure se confond avec le sacré. La croix devient le théâtre de son génie flamboyant, entre mysticisme et provocation. En inscrivant son visage dans ce Christ moderne, j’ai voulu dire l’évidence : Dalí s’est canonisé lui-même, par la force de son art, et je n’ai fait que traduire ce geste en peinture.

Face à Piet
J’ai osé confronter son visage à l’ordre implacable de Mondrian. Les lignes pures, les aplats de rouge, jaune, bleu se dressent comme une cage, et dans cette géométrie surgit un être, un regard.
C’est une rencontre improbable : la chair contre la structure, l’humain contre l’abstraction. Le visage n’est pas prisonnier de la grille, il dialogue avec elle, il l’habite.

V.E. Nous
J’ai ouvert le dialogue avec Van Eyck, mais dans une langue qui m’est propre. Les silhouettes se dressent, précises et solennelles, mais leur équilibre se fissure, se tend vers une modernité aux lignes brisées.
C’est un miroir que je tends à l’ancien maître. L’icône médiévale se plie à mes couleurs, à mes distorsions. Tradition et invention s’y rejoignent dans un même serment.

Déjeuner avec Manet
J’ai convoqué Manet comme on convoque un souvenir. Le Déjeuner n’est pas copié, il se délite et se reforme, les formes s’y dissolvent en volutes comme dans un rêve. Les silhouettes demeurent, mais le temps les a brouillées, rendues mouvantes.
C’est moins une scène qu’une réminiscence. L’histoire de l’art se mêle à ma propre mémoire, et ce qui était manifeste devient évocation. Un hommage en clair-obscur, à la fois fidèle et évanescent.

Ravage de la vengeance
Une figure rouge, au halo doré, brandit la tête tranchée d’un ennemi. Le sang jaillit, épais, dans l’ombre d’un décor nocturne, où des visages déformés épient la scène. Les muscles, les plis du vêtement, la violence de la couleur semblent se tordre dans une même tempête.
J’ai voulu plonger ici dans la brutalité caravagesque : la lumière crue, le contraste sans appel, la vérité du geste meurtrier. Dans ce chaos organique, c’est la vengeance qui devient divinité, presque sacrée, auréolée de lumière. La beauté se cache dans l’horreur, et l’horreur dans la vérité.

L 'art t'as mise là.
Le tableau reprend le drame de Judith décapitant Holopherne d’Artemisia Gentileschi, mais transposé dans une écriture cubiste. Les corps se fragmentent en volumes anguleux, se disloquent et se recomposent dans une tension violente. La scène garde toute sa charge dramatique, mais se transforme en une chorégraphie de formes et de couleurs.
Avec cette œuvre, j’ai voulu rendre hommage à Artemisia tout en la réinterprétant dans mon langage plastique. Le cubisme m’a permis de déconstruire la violence pour la reconstruire autrement, en rendant visible l’intensité des gestes et des émotions. Je ne raconte pas seulement une scène : je la fais éclater, je la rends intemporelle.

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Pia au lit
Allongée sur un lit, la figure féminine évoque immédiatement l’Olympia de Manet, avec cette même frontalité et cette affirmation tranquille de sa nudité. La posture, sobre et sans fard, dégage une puissance moderne, presque impertinente. Les tons chauds et doux enveloppent la scène d’une lumière intime.
Je me suis inspiré de Manet pour rendre hommage à l’audace d’un tableau qui a marqué l’histoire. En peignant Pia au lit, j’ai voulu interroger notre rapport au corps et au regard : qui observe et qui est observé ? J’ai cherché à célébrer cette liberté qui fait de la femme représentée non pas un objet, mais une présence souveraine.

Jeune femme aux perles
Un portrait délicat met en lumière une jeune femme dont la pose, raffinée, rappelle les modèles anciens comme dans le tableau de Johannes Vermeer derrière elle Les perles scintillent à son oreille et sur sa peau, tandis qu’un fond coloré soutient la douceur du visage. Le pinceau s’attarde sur les détails, conférant au sujet une dignité lumineuse.
Je m’inscris ici dans la tradition du portrait mais j'y introduit ma propre sensibilité. Cette « jeune femme aux perles » devient une figure intemporelle, entre héritage et invention, où la mémoire de l’art se mêle à l’émotion personnelle du peintre.

Demoiselle écrivant
Une figure féminine, concentrée sur son bureau, est éclairée par la blancheur du papier et les reflets de l’écran. Derrière elle, une toile due à Johannes Vermeer, comme une ombre du passé, semble observer la scène. Le contraste entre modernité et tradition crée un dialogue silencieux.
Je célèbre ici le geste créateur dans sa continuité. De la plume ancienne à l’écriture contemporaine, il montre que l’acte d’écrire est toujours un moment de solitude, de tension et de grâce. La demoiselle devient l’allégorie intemporelle de l’inspiration.

La fin du monde
Sur un lit défait, une femme nue, alanguie, occupe tout l’espace. Sa chair lourde et voluptueuse emplit la toile, saturant l’air de la chambre verte, où miroirs et tableaux répètent à l’infini le même corps qui ne présente plus que la fin d'un "espoir"
Avec cette scène, j’ai voulu me confronter à Courbet, à son audace de montrer le nu dans sa vérité brute. Ici, la fin du monde est intime : c’est la fin de l’illusion, le moment où le corps, massif et souverain, impose sa vérité et écrase le reste de l’univers.

Les musiciens
Dans la pénombre feutrée de la fosse d’orchestre, les musiciens en habit noir se préparent. Leurs visages graves, concentrés, émergent de l’ombre, serrés les uns contre les autres, tandis que l’archet, la flûte et le basson ponctuent cette géométrie de silhouettes. À l’arrière-plan, les jambes des danseuses s’élèvent dans une lumière rosée, frôlant la scène d’un autre monde, celui du ballet.
En peignant cette scène, j’ai voulu rendre hommage à Degas, maître de la coulisse et du regard en biais. J’ai retrouvé dans ce clair-obscur la vibration d’un instant suspendu : le spectacle n’est pas seulement sur scène, il se joue aussi dans le sérieux des musiciens, dans la tension qui précède l’accord parfait.